Hier matin au briefing, les concurrentes étaient impatientes d'en savoir plus sur l'étape qui allait les conduire tout droit au coeur des dunes de Merzouga. Elles ont eu le choix entre plusieurs parcours de différents niveaux.
Le départ est lancé par
Shirley Bousquet et Alain Bouzigues de « Caméra Café » et
Olivier Martinez, acteur français. Très vite, des premiers incidents de course sont à signaler. Et c'est notamment le cas du véhicule de l'équipage
164 - Premalliance qui rencontre à nouveau des difficultés techniques : alors que le
145 (Anne-Marie GUILLARD et Valérie SABIN-JOLY - Le Grenier à Pain) le tracte pour le sortir d'une mauvaise impasse, le pneu avant gauche éclate, percé par la barre de stabilisation... Malgré l'incident,
Nathalie et Isabelle parviennent à garder le sourire et ironisent leur situation :
"Ce soir c'est le jackpot ! On va se prendre 3000 points !", lâche Nathalie dans un éclat de rire.
Le camion d'assistance sera obligé d'intervenir pour le que les filles puissent repartir.
Bien que les dunettes qui jalonnent cette première partie de parcours paraissent inoffensives, plusieurs véhicules sont déjà ensablés...
et ce n'est que le début.

Au pied des dunes de l'
Erg Chebbi, on ne peut qu'être touché par la beauté, la force et le calme de ces milliards de grains de sable de quelques microns, qui, par la force du vent, forment ensemble un colosse du désert de
165m de haut. Les crêtes qui courent jusqu'aux sommets, qui semblent inaccessibles, prennent des formes sensuelles et douces, qui donnent un reflet tout particulier au sable couleur orangé, comme brûlé par un soleil de plomb, qui règne ici en roi.

Si
"la mer est loin mais la plage est grande", nos Gazelles ne sont pas là pour faire des châteaux de sable. Pourtant,
la pelle n'a jamais autant servi pour sortir des véhicules 5, 10 fois tanqués dans la même journée. Pour avancer, il faut adopter une maîtrise parfaite du véhicule et épouser la forme des dunes comme un surfer épouserait la forme des vagues avant de franchir celles qui barrent la route.

L'équipage
160 (Stéphanie SERRADORI et Sophie FAVAREL - Le Clos Des Rose) décide d'être raisonnable et de laisser les balises difficiles pour rejoindre les plus simples, car les filles savent bien que le sable devient mou quand l'astre solaire atteint son zénith.

Plus loin, plusieurs Gazelles tentent ensemble de sortir un véhicule en difficulté : d'un côté de la dune, le
161 (Brigitte SOBANSKI et Patricia CAPDEVIELLE - Sopra Group) qui tente de tracter le 4*4
114 (Valérie ASTIE et Odile ATHANAZE - Heliatech), le nez planté dans des herbes à chameaux de l'autre côté de la dune.

Au CP 3X, le paysage est une succession de dunes, de vagues de sable qui se déversent sur l'horizon d'un bleu saisissant. C'est l'occasion pour
Shirley Bousquet et Alain Bouzigues de s'arrêter manger et de faire le point sur leur première journée sur les traces du Rallye.
"J'étais déjà venue à Merzouga pour le tournage du film "Roue de secours", mais je n'étais jamais entrée au cœur des dunes : c'est le dépaysement total, on se croirait sur une autre planète !" Explique-t-elle, les yeux pétillants... Alain surenchérit :
"le Rallye, j'en ai toujours entendu parler, et là en étant dessus, on se rend compte à quel point c'est une bonne façon pour les Gazelles d'aller au bout de soi... elles apprennent beaucoup de choses, elles sont impressionnantes dans leurs capacités de surmonter les obstacles..., c'est un vrai Rallye, une bonne façon de mettre une claque au machos !"
Plus tard, leur Isuzu D Max posé au sommet d'une dune,
Evelyne COLOMER-BUHL et Sylvie LE FUR (équipage 148 - CARDIACOM) partent dans un fou rire en pelletant sous les roues :
« demain c'est grâce mat', 6h debout ! ». Pour plusieurs Gazelles, le franchissement de dunes aussi impressionnantes est une nouveauté. Si elles sont hésitantes au départ, quelques tanquages au sommet des dunes les poussent à prendre de l'assurance. Le
144 (Céline MERLE-BERAL et Dorothee VANDERCRUYSSEN - Direct Sport Direct 8 / Isuzu / Association de l'Amitié), par exemple, sort brillamment d'un chaudron impressionnant. Mais le sable ne se dompte pas aussi facilement : les tanquages se multiplient, les équipages se tractent par l'avant, par l'arrière, sur les côtés... à chaque fois, il faut sortir pelles et plaques, dégager les roues, et recommencer quand le sable reprend possession des roues qui s'emballent.

Et des histoires et anecdotes, il y en aurait encore beaucoup à raconter... c'est le sujet de conversation principal de tous les équipages qui se sont regroupés par petits groupes pour passer la nuit... parfois au coin du feu.
Ecoutons nos gazelles chercher leur balise !
Une journée difficile, certes, épuisante,
un cocktail d'émotions, de pleurs, de rires, mais surtout de
bonheur à l'heure où le soleil s'embrase une dernière fois en se couchant à l'horizon.

Qui dit marathon, dit pas de briefing, dit réveil un peu plus tardif, c'est-à-dire vers 6h. Mais la route est encore longue jusqu'au prochain bivouac d'El Fecht. Hier le sable, aujourd'hui la rudesse d'un sol rocailleux et lunaire. Car le décor a totalement changé : les blocs de pierre prennent des formes inattendues ! Dents de crocodile, tajines... les découvertes sont encore nombreuses. Même si le parcours devient plus facile, les concurrentes se font piéger par des dunettes de moins d'un mètre... mais constituées d'un
sable fin comme de la poussière.
Au bout d'un plateau qui semble sans fin, une oasis inespérée dans ce décor désertique. Dans cette oasis, un village :
El Fecht. A quelques kilomètres, le bivouac qui marque la fin de l'étape 3, que les Gazelles, c'est sûr, ne sont pas prêtes d'oublier.